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Bright Star, de Jane Campion, Compétition officielle. 
Eloge de tout ce qui est anglais : l’accent, la pudeur, la blague, la campagne, la frigidité. Et Keats. Soûlant, sans plus. 4.

Yuki & Nina, de Nobuhiro Suwa et Hippolyte Girardot, Quinzaine des réalisateurs. 
Petit à petit, grand. 9.

Taking Woodstock, de Ang Lee, Compétition officielle. 
A défendre. Moins évident que Hulk et Lust, Caution. Mais forte l’idée d’utiliser Peace & Love pour fabriquer un champ de bataille. Woodstock, la bombe atomique. 7.8

Ne change rien, de Pedro Costa, Quinzaine des réalisateurs. 
Un film d’Olivier Assayas réalisé par Pedro Costa. 6.9


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Tetro, de Francis Coppola, Quinzaine des réalisateurs. 
Coppola à son meilleur : généreux et retenu. Gallo énorme, vieux, jeune et rourke. Introducing Alden Ehrenreich, 19 ans, premier rôle, vraiment bon. 8.5.

Thirst, de Park Chan-wook, Compétition officielle. 
Scènes qui se détachent l’une après l’autre de la narration comme des couches d’écorce ou des peaux mortes. Film justement préoccupé par des problèmes de peaux, très Planète terreur. Beaucoup de décrochages de ton, naïf, grinçant, ampoulé – lot commun des films de Park, meilleur dans la narration, les voix-off (Lady Vengeance), ici absentes. Film-vampire : vorace, gourmand, grotesque. 6.

Les Chats persans, de Bahman Ghobadi, Un Certain Regard.
Film réalisé en dépit de la censure iranienne. Donc incritiquable. Underground, mais de surface. 6.

Huacho, d’Alejandro Fernández Almendras, Semaine de la critique
Portrait austère de la vie d´une famille de paysans chiliens. De longs-plans-séquence caméra a la main. Des personnages qui marchent, perdus dans le désert de Gerry. Quatre histoires qui démarrent au même moment : le matin, très tôt, dans un pauvre ferme de la campagne chilienne. Film silencieux, mais pas seulement. Travail très précis entre la fiction et le documentaire. Sorte de manuel d’emploi du capitalisme : une description sèche, à petite échelle, de la perversité néo-libérale, eau sale qui s’infiltre et pourrit tout. Description précise et impitoyable du quotidien des quatre membres d’une famille. Des cas pratiques démontrent comment l´empire de l´injustice et l´avarice n´ont pas seulement des conséquences économiques, mais aussi morales. Par exemple : 1. La grand-mère qui vend au bord de la route les fromages qu´elle fabrique, et se trouve confrontée à la montée des prix du lait. Elle doit remonter le prix de ses fromages pour compenser, mais personne n’en achète plus. 2. La mère, elle revend la jupe qu´elle vient de s´acheter pour payer la lumière de la maison. 3. Le fils, ses compagnons d´école l’ignorent en raison de sa classe sociale, il finit par les trahir et les dénoncer devant le prof. Petite vengeance, la première pierre d´un chemin de rancœur et haine. Le plus intéressant est de voir comment le cinema répond aux défis de l´histoire avec urgence. Comment il peut être beau et urgent, métaphore et drapeau, dénonciation et recherche formelle. Huacho est l’un des portraits les plus précis de la crise mondiale et de ses vraies victimes : ceux (nous tous) qui assument sans le savoir une idéologie pourrie dans leur vie quotidienne. 7.2
[Du carnet de notes de Gonzalo de Pedro]


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Up, de Pete Docter, hors-compétition. 
Premier film convaincant en 3D – effet bocal, les yeux dans la télévision. Bon niveau de gag. Confirmation après Wall-E d’un attrait pour le silence. Virage psychédélique. Héros calqué sur Scorsese (ce dernier aussi de passage a Cannes) 7,3.

Nuit d’ivresse printanière, de Lou Ye, Compétition officielle. 
Grand culot (film souterrain, anti-système, etc). HD un peu pauvre, qui dérange dans les mouvements de caméra et les gros plans. Beaux inserts de poésie érotique. 6,7.